Actus

[Témoignage] EHPAD, COVID et moyens ….

Nous vous proposons un témoignage recueilli par nos camarades lyonnais du groupe Graine d'Anar.
Bonne lecture !
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Je m’appelle Delphine. Je suis aide soignante et militante syndicale dans une EHPAD. Pas un établissement comme ceux que l’on vous montre à la télé, où les résidents et leurs familles ont les moyens et où les moyens sont donc mis en place pour les résidents.Non, je suis salariée dans une EHPAD pour pauvres. Le mot vous choque peut être mais c’est comme ça. Des anciens ouvriers, des anciennes femmes au foyer, etc… Ici, on aide et soigne les gens qui sont en route vers une dépendance plus grande après avoir été toute leur vie au bas de l’échelle.

Avant le coronavirus, on manquait déjà de tout. De personnel déjà. Parce que les bras, c’est important. Moins nous sommes, moins les contacts humains existent. Moi, j’ai 10 à 12 résidents à ma charge. Parfois plus. Oui c’est trop. L’idéal serait que j’en ai 5. Comme dans les EHPAD de luxe. Mais ce n’est pas le cas.

Tout est compté et limité : les couches que l’on utilise, les tabliers pour les toilettes (j’en ai un pour la journée alors qu’il m’en faudrait un par résident), le nombre de douche par semaine limité à une et je ne vous parle même pas du manque de temps, tout simplement, pour avoir un relationnel correct avec les résidents. Alors que la plupart dépendent de nous pour tout, même pour manger. C’est simple, pour moi, c’est de la maltraitance institutionnalisée.

Maintenant que vous savez cela, imaginez quand le virus responsable du COVID19 est arrivé sur mon lieu de travail. Nous manquions déjà de tout, là, on nous demande de « partir au front » comme dirait le Président, mais sans rien, sans armes, sans protections. Nous n’avons aucun masque, nous n’avons aucune réserve de gants, nous n’avons aucune réserve de gel hydroalcoolique.

Pourtant, nous sommes là. Pas toutes (oui, la majorité des soignants sont des soignantes). Certaines sont malades, d’autres ont peur de la maladie. Je n’en veux à personne. Nous avons déjà des collègues atteintes, dont une très gravement (intubation). Mais celles qui restent n’ont vraiment pas les moyens de combattre le virus et d’empêcher sa propagation.

Imaginez que l’on nous explique qu’il suffit de se laver les mains et de respecter les distances barrières et tout ira bien. C’est méconnaître ce qu’est une EHPAD ! D’abord les résidents bougent, et certains passent de chambres en chambres, souvent parce qu’ils sont atteints d’une légère démence. Et nous, nous ne sommes pas assez pour surveiller et empêcher cela ! Alors les distances et les gestes barrières, cela me fait bien rire !

Il nous faut du personnel, des masques, des gants et des sur-blouses ! C’est quand même pas compliqué !

On en est réduite à faire un appel au don, à négocier des masques (nous n’en avons que deux par jour maximum), à chercher des sur-blouses (nous nous les passons entre les deux services de 12H, celui de la journée et de la nuit). Oui c’est cela la réalité : pas de moyens, alors de la démerde ! Tout cela parce que nous sommes gérées non pas des gens issus du milieu médico-social mais d’école de gestion et autre management. Loin de l’humain.

Mais honnêtement, vous trouvez cela normal ? Ben j’espère qu’après tout cela vous serez à nos côtés dans la rue quand nous irons réclamer des moyens ! Au lieu de nous laissez bien seuls comme ces deux dernières années.

Alors merci pour les applaudissements, mais je vous préférerais vraiment dans les luttes !

Delphine


Communiqués

Déclaration commune de fédérations anarchistes en solidarité avec les réfugiés et les migrants

Contre la guerre, le fascisme, le nationalisme et le racisme
Solidarité avec les réfugiés et les migrants



Nous sommes au cœur d’une immense crise humanitaire et sociale sans précédent, comme l’étendue de la pandémie nous montrant de manière catégorique la nature criminelle de l’État et du capitalisme. D’un côté, une grande partie de la société fait face à de nouvelles et encore plus dures conditions d’exploitation et de répression. De l’autre côté, l’État continue de défendre son pouvoir et de permettre l’accumulation de richesses dans les mains des patrons, en élargissant l’État d’urgence et en privant la société des ressources nécessaires pour faire face à cette catastrophe sanitaire. Dans ces conditions, des milliers de migrants et de réfugiés sont entassés dans des camps de concentrations dans des conditions de vies horribles, sans aucun moyens de se protéger eux même de cette pandémie. L’État d’urgence les amène tout droit à leur propre extermination et se trouve être un crime d’État et un crime capitaliste.

La guerre et le fascisme sont l’unique « réponse »  que le système peut donner à sa propre crise profonde et totale, à ses propres contradictions qui résulte de ce principe de base – l’oppression et l’exploitation d’un être humain par un autre.

Au niveau global, les chefs politiques et économiques tentent une attaque inconditionnelle contre les peuples de la périphérie capitaliste par la guerre, les opérations militaires, la subversion de régimes et le soutien à de nouveaux, dans le but de contrôler des zones entières, sources de richesses, et même de contrôler des populations entières. C’est une situation où des millions de personnes sont condamnées à la pauvreté, la maladie et à l’immigration forcées, comme prérequis à l’accumulation de richesses dans les mains de l’élite financière mondiale et pour le réagencement de l’équilibre géopolitique des pouvoirs dans un contexte de compétions internationales entre les pouvoir mondiaux, régionaux et locaux.

Les milliers de réfugiés et d’immigrés morts aux frontières et en mers, tous ceux enfermés dans les camps de concentrations modernes dans des conditions abjectes, ceux emprisonnés par un État d’urgence raciste, sont les effets des politiques meurtrières anti-migratoires « dissuasives » et de la construction d’une Europe forteresse.

Les « murs » qui sont érigés ne sont pas seulement utiles contre les « parias », ce « surplus de population », gardés en dehors de l’Europe par tous les moyens, mais aussi pour promouvoir la « fascisation » des sociétés occidentales, pour établir des conditions de peur, de contrôle et de haine, dans le but de faire accepter leurs conditions d’exploitation des populations par leurs chefs.

Contre le monde en faillite de l’État et du capital, contre la guerre déclarée par les dominants sur les réprimés de ce monde, pour nous anarchistes, la solidarité internationale de classe est notre meilleure arme, promouvant l’organisation d’une contre attaque des exploités afin de détruire ce monde pourri. Locaux, migrants et réfugiés, tous ensemble, luttons à la base contre la pauvreté, l’appauvrissement, la répression, la soumission, renforçons et défendons tous les milieux de la résistance sociale et de classe ciblés par la répression et organisons en d’autres. Contre le fascisme, l’intolérance, la guerre, la répression et l’exploitation, pour la cause de la révolution sociale mondiale, de construire une nouvelle société basée sur la solidarité, l’égalité et la liberté sur les ruines du monde autoritaire… est toujours vivante !



Pas de camps de concentrations

Des conditions de vies décentes et la liberté de circulation pour les réfugiés et les migrants

Laissez nous détruire l’apartheid moderne de la forteresse Europe
La solidarité est notre arme



AO (Federation for anarchist organizing, Slovenia & Croatia)
FAI (Italian Anarchist Federation, CRInt-FAI)
APO (Anarchist Political Organisation – Federation of collectives – Greece)
FA (Fédération Anarchiste, France & Belgium)
AF (Anarchist Federation, Britain)
FLA (Federación Libertaria Argentina)