Communiqués

Allocution présidentielle 12 juillet 2021, Encore des menaces !

Emmanuel Macron, roi élu de la République Française comme tous ses prédécesseurs, a donc parlé. Dans son allocution du 12 juillet, il a pris soin de tout mélanger pour une fois de plus dérouter ses interlocuteurs. Alors que l’ensemble de cette sortie médiatique aurait dû porter sur la pandémie et la vaccination, le bon seigneur n’a pas pu s’empêcher de menacer une fois de plus de casser le modèle social français.

La Fédération Anarchiste est pour une sortie rapide de la pandémie mondiale qui nous touche. Nous avons dans ce sens signé, aux côtés d’autres forces politiques, un appel pour la levée des brevets sur la fabrication des vaccins contre le Covid19. Et ce pour faciliter la fabrication au niveau mondial et permettre à toutes et tous d’être protégés. Les anarchistes ont toujours pensé que les sciences sont les alliées de l’émancipation : à ce titre, nous œuvrons à une éducation populaire accessible, sur tous les sujets, afin de contrer les idées confusionnistes qui émergent de toutes parts. Enfin, à l’heure où nous parlons, nous ne pouvons que constater l’égoïsme des pays riches. Sur 3 milliards de doses de vaccins injectées dans le monde, moins de 1 % l’ont été dans les pays les plus pauvres, pourtant souvent les plus touchés. C’est une honte et une fois de plus les gouvernements des pays riches ont des morts sur la conscience.

Cela ne nous rend pas pour autant partisans du tout sécuritaire annoncé. En père fouettard, l’État, par la voix de son premier serviteur, est donc venu donner la fessée aux récalcitrants, tout en profitant de cela pour tester des outils comme l’utilisation massive de gestion des flux numérisée. Nous appelons évidemment toutes et tous à faire ce qu’il faut pour sortir de cette pandémie, mais la méthode d’adjudant mal dégrossi mise en place n’est que la démonstration de la faiblesse de l’État et la poursuite de sa gestion calamiteuse de l’épidémie.

La seconde partie de la diatribe présidentielle nous révolte encore plus. Elle peut se résumer par un slogan : « Au boulot les feignasses ». Ainsi, notre marquis du Trocadéro n’entend pas moins que de nous imposer d’emmerder encore plus les chômeurs et de diminuer leurs revenus, tout en obligeant l’ensemble des françaises et français à travailler plus longtemps en partant plus tard à la retraite ! Le même qui arrose les milliardaires et les multinationales veut donc faire payer « la crise », mot à la mode pour dire capitalisme, aux plus démunis ! Il ne manque pas d’air le fanfaron de l’Élysée quand même !

Face à cela, une réponse claire doit être donnée : il est temps non pas d’aller « maintenir les acquis et simplement contre Macron » mais bien d’exploser la République telle qu’elle est, pour enfin aller vers un monde débarrassé des classes, des possédants et des empêcheurs de vivre. Comme le dit le groupe Massilia Sound System « Le capitalisme est une cochonnerie ». Il est temps d’arrêter de danser dans la fange !

publié le : 15-07-2021 par Secrétariat aux relations extérieures

Fédération Anarchiste

Communiqués

Colombie : Solidarité internationale

Tenons-nous informés et ne laissons rien passer


C’est l’État narco-paramilitaire qui va tomber – 28 avril 2021

Les inégalités structurelles en Colombie

La Colombie fait partie des 15 États les plus inégaux au monde, et en Amérique Latine elle occupe malheureusement la première place. Dans la société colombienne, la terre et les richesses, tout comme les postes d’élus et les médias de masse, sont détenus par une petite partie de la population. En conséquence, c’est 42.5% de la population qui se trouve en situation de pauvreté et de grande précarité, vivant avec une moyenne de 72€ par mois. Cette situation dure depuis des années et a encore empirée avec la pandémie de covid-19. La majorité de la population lutte chaque jour pour vivre dignement, pour manger, avoir un logement, accéder à la santé et à l’éducation.


Déjà 10 jours de mobilisation


C’est dans ce contexte que le gouvernement national, sous la houlette du Président Ivan Duque, a souhaité faire passer une réforme fiscale pour que les dettes issues de la pandémie soient payées par les classes moyennes et populaires, sans imposer fortement les personnes les plus riches du pays. C’est face à cette réforme en temps de pandémie que le 28 avril a été déclarée une grève nationale et qu’a commencé un processus de mobilisation sociale qui dure depuis 10 jours déjà. Bien que la pression populaire ait été suffisamment forte pour que la réforme fiscale soit abandonnée, le peuple colombien poursuit la mobilisation concernant les choix politiques néolibéraux et inégalitaires dans les domaines de la santé, des retraites et du travail.


Criminaliser et délégitimer la mobilisation sociale


La réponse du gouvernement et du parti au pouvoir face au mouvement national massif et pacifique est de délégitimer et de criminaliser la mobilisation en affirmant que celle-ci émane d’organisations telles que les FARC, l’ELN (armée de libération nationale) ou du politicien de gauche Gustavo Petro. Ce discours vise à décrédibiliser le libre exercice de la manifestation auquel ont eu recours de nombreuses colombiennes et colombiens ainsi que des organisations sociales, les défenseurs des droits humains et les syndicats de travailleurs.


Cela montre, sans surprise, que chaque fois que la population se mobilise pour ses conditions de vie et la société dans laquelle elle souhaite vivre, les pouvoirs institutionnels cherchent à délégitimer et invisibiliser la réalité de la mobilisation sociale. L’objectif est de créer de la peur chez les personnes, dépourvues, qui observent ces événements à travers les médias traditionnels. Ceux-là traitent les manifestants comme des casseurs, niant les revendications politiques.


Violences des forces publiques


Ce discours de criminalisation et d’invisibilisation permet au gouvernement d’utiliser la violence physique, violant ainsi le droit constitutionnel à la manifestation par la brutalité policière. Entre le 28 avril et le 5 mai 2021, l’ONG Temblores a enregistré 1 708 cas de violences policières : 222 cas de violences physiques, 37 victimes d’homicides dus aux forces de police, 831 arrestations arbitraires, 10 victimes de violences sexuelles, 22 victimes avec des blessures aux yeux, 110 blessés par des balles tirées par la police et 312 cas d’interventions violentes de la part des forces de l’ordre.

****

Face à cette situation, nous manifestons notre solidarité avec les compagnes et compagnons colombiennes qui se mobilisent pour vivre dignement et pour construire une société plus juste.

Nous condamnons, en Colombie et partout dans le monde, l’utilisation de la coercition et de la violence policière et militaire pour criminaliser et assassiner celles et ceux qui se mobilisent.

Nous condamnons les discours du gouvernement colombien et du parti majoritaire – liés au paramilitarisme et au narcotrafic – qui délégitiment et criminalisent les personnes de tous bords et les non-encartés qui expriment le droit de protester.

Nous appelons à la solidarité internationale dans la lutte avec les colombiennes et les colombiens.

Nous appelons à poursuivre les engagements dans des alternatives concrètes autogestionnaires et coopérativistes, en Colombie et partout ailleurs, pour vivre ensemble dans un monde viable socialement et écologiquement.


C’est l’État narco-paramilitaire qui va tomber – 28 avril 2021

Le 7 mai 2021
Communiqué du Secrétariat aux Relations Internationales de la Fédération anarchiste francophone,
Membre de l’IFA – International des fédérations anarchistes