Communiqués

Colombie : Solidarité internationale

Tenons-nous informés et ne laissons rien passer


C’est l’État narco-paramilitaire qui va tomber – 28 avril 2021

Les inégalités structurelles en Colombie

La Colombie fait partie des 15 États les plus inégaux au monde, et en Amérique Latine elle occupe malheureusement la première place. Dans la société colombienne, la terre et les richesses, tout comme les postes d’élus et les médias de masse, sont détenus par une petite partie de la population. En conséquence, c’est 42.5% de la population qui se trouve en situation de pauvreté et de grande précarité, vivant avec une moyenne de 72€ par mois. Cette situation dure depuis des années et a encore empirée avec la pandémie de covid-19. La majorité de la population lutte chaque jour pour vivre dignement, pour manger, avoir un logement, accéder à la santé et à l’éducation.


Déjà 10 jours de mobilisation


C’est dans ce contexte que le gouvernement national, sous la houlette du Président Ivan Duque, a souhaité faire passer une réforme fiscale pour que les dettes issues de la pandémie soient payées par les classes moyennes et populaires, sans imposer fortement les personnes les plus riches du pays. C’est face à cette réforme en temps de pandémie que le 28 avril a été déclarée une grève nationale et qu’a commencé un processus de mobilisation sociale qui dure depuis 10 jours déjà. Bien que la pression populaire ait été suffisamment forte pour que la réforme fiscale soit abandonnée, le peuple colombien poursuit la mobilisation concernant les choix politiques néolibéraux et inégalitaires dans les domaines de la santé, des retraites et du travail.


Criminaliser et délégitimer la mobilisation sociale


La réponse du gouvernement et du parti au pouvoir face au mouvement national massif et pacifique est de délégitimer et de criminaliser la mobilisation en affirmant que celle-ci émane d’organisations telles que les FARC, l’ELN (armée de libération nationale) ou du politicien de gauche Gustavo Petro. Ce discours vise à décrédibiliser le libre exercice de la manifestation auquel ont eu recours de nombreuses colombiennes et colombiens ainsi que des organisations sociales, les défenseurs des droits humains et les syndicats de travailleurs.


Cela montre, sans surprise, que chaque fois que la population se mobilise pour ses conditions de vie et la société dans laquelle elle souhaite vivre, les pouvoirs institutionnels cherchent à délégitimer et invisibiliser la réalité de la mobilisation sociale. L’objectif est de créer de la peur chez les personnes, dépourvues, qui observent ces événements à travers les médias traditionnels. Ceux-là traitent les manifestants comme des casseurs, niant les revendications politiques.


Violences des forces publiques


Ce discours de criminalisation et d’invisibilisation permet au gouvernement d’utiliser la violence physique, violant ainsi le droit constitutionnel à la manifestation par la brutalité policière. Entre le 28 avril et le 5 mai 2021, l’ONG Temblores a enregistré 1 708 cas de violences policières : 222 cas de violences physiques, 37 victimes d’homicides dus aux forces de police, 831 arrestations arbitraires, 10 victimes de violences sexuelles, 22 victimes avec des blessures aux yeux, 110 blessés par des balles tirées par la police et 312 cas d’interventions violentes de la part des forces de l’ordre.

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Face à cette situation, nous manifestons notre solidarité avec les compagnes et compagnons colombiennes qui se mobilisent pour vivre dignement et pour construire une société plus juste.

Nous condamnons, en Colombie et partout dans le monde, l’utilisation de la coercition et de la violence policière et militaire pour criminaliser et assassiner celles et ceux qui se mobilisent.

Nous condamnons les discours du gouvernement colombien et du parti majoritaire – liés au paramilitarisme et au narcotrafic – qui délégitiment et criminalisent les personnes de tous bords et les non-encartés qui expriment le droit de protester.

Nous appelons à la solidarité internationale dans la lutte avec les colombiennes et les colombiens.

Nous appelons à poursuivre les engagements dans des alternatives concrètes autogestionnaires et coopérativistes, en Colombie et partout ailleurs, pour vivre ensemble dans un monde viable socialement et écologiquement.


C’est l’État narco-paramilitaire qui va tomber – 28 avril 2021

Le 7 mai 2021
Communiqué du Secrétariat aux Relations Internationales de la Fédération anarchiste francophone,
Membre de l’IFA – International des fédérations anarchistes
À télécharger

Drapeau Noir N°1

Le deuxième numéro du journal du groupe Germinal est dispo !

DRAPEAU NOIR N°1 ... oui, le n°1 c'est le deuxième - le premier était le "numéro masqué"

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- .... et l'édito :

Au premier confinement, il y avait comme une lueur d’espoir : des petits arrangements entre voisins pour les courses, la garde des gosses, l’impression de dérogations... Et puis, même dans la merde, ça parlait de temps retrouvé, d’oiseaux revenus, de dauphins dans les calanques... C’est sûr qu’après, le monde serait différent : on avait bien vu que, finalement, on peut se débrouiller sans. Sans boss. Sans achats inutiles. Sans réformes gouvernementales. Sans pollution. On aurait pu se prendre à rêver, pour l’après, d’un refus général, d’une révolution douce par l’autonomie retrouvée. D’une envie d’autogestion. Sauf que non. Le déconfinement venu, on a été repris dans les mêmes leurres, et l’urgence a été, dès le premier jour, d’allonger l’interminable queue chez Zara ou H&M

Pourtant, merde, à Marseille, on a bien l’expérience du pourri : 25 ans de règne d’une mairie mafieuse responsable de toutes les crasses, jusqu’au décès de 8 personnes, remplacée par une maire élue sur un rêve parce qu’elle était «moins politique»... mais démissionnaire 5 mois après pour laisser la place à son adjoint, vieux briscard de la même famille des traficoteurs de pouvoir... C’est pas suffisant, ça, pour donner envie d’autre chose ? Et si on gérait la ville nous-même ? En ce mois de mai, où l’on se souvient de la Commune de Paris autant que du 1er mai 1886, notre second numéro est dédié au municipalisme libertaire.

Bonne lecture !